Silence svp, on est à la télé
09 08 2008
Avez-vous regardé les cérémonies d’ouverture de jeux olympiques à Radio-Canada? Les animateurs, Richard Garneau et Alain Goldberg, se sont sans doute trompés de média. Ils se croyaient à la radio ma foi. Ils n’ont pas arrêté de parler pour nous décrire ce que l’image nous montrait déjà et faire des commentaires du genre : « Comme elle est charmante » lorsqu’une fillette apparaissait à l’écran. C’était insupportable.
Le spectacle était magnifique, la mise en scène spectaculaire. Le rôle des animateurs était de nous expliquer la signification de certains tableaux historiques que seuls les Chinois peuvent comprendre. Il y avait aussi beaucoup de symboles, de signes et de concepts visuels qui méritaient d’être définis. Mais on aurait pu se passer des commentaires politico-humanistes de Goldberg sur la signification des jeux pour les Chinois. Il ne tarissait pas de superlatifs grandiloquents comme éblouissant, prodigieux, génial et tous leurs synonymes. On n’avait pas besoin de se le faire dire, on le voyait. Ce type est un commentateur sportif compétent et un athlète de la langue, mais il en fait toujours un peu trop. Hier il souffrait définitivement de logorrhée verbale. En plus, on aurait dit que Richard Garneau se sentait obligé d’intervenir à son tour et d’en rajouter pour ne pas rester en rade face à un confrère beaucoup moins expérimenté que lui, mais beaucoup plus bavard. Il aurait fallu laisser de la place au silence pour permettre aux téléspectateurs de s’imprégner de l’atmosphère qui régnait dans le stade. Malheureusement, c’était impossible à cause de ces deux blettes.
Je déplore aussi la piètre qualité de la captation sonore du spectacle. On aurait dit que des micros avaient été disséminés parmi les spectateurs et que c’est ce son qui a été transmis à la télévision. La musique était presque inaudible. On n’a entendu qu’un écho lointain des prestations du pianiste Lang Lang qui jouait au centre du stade et de la chanson officielle interprétée par Sarah Brightman et Liu Huan. On a eu droit à une image haute définition, mais à un son de très basse définition digne des débuts de la télévision. C’est peut-être à cause de cela finalement que les animateurs se sont sentis obligés de meubler l’espace sonore d’une compilation de commentaires plus insignifiants les uns que les autres. Mais ce n’est pas une excuse.
Les Chinois ont inventé la poudre à canon, les feux d’artifice, les cerfs-volants, la soie, le compas et l’horloge, mais ils n’ont pas inventé le son à la télévision. On doit cette merveilleuse découverte aux volubiles Garneau et Goldberg qui continuent avec vigueur à faire la démonstration des qualités et des défauts de leur œuvre. Ils méritent une cure de silence et nous aussi.
Publié par : jacqueso à 10:26:29
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